À l’approche de ses dix ans, le Livart cherche à grandir

Ce centre d’art, né entre les murs d’un ancien presbytère de la rue Saint-Denis, s'agrandit pour mieux accueillir ses artistes en résidences et les enfants qui fréquentent ses camps de jour.

On voit la façade en pierre grise avec des escaliers qui mènent vers l'entrée principale.
La façade du Livart. – photo : Devin Ashton-Beaucage

Le Livart, créé en 2016, a pour mission de démocratiser l’art tout en offrant la chance à des artistes émergents d’exposer et de vendre leurs œuvres. 

Le projet d’agrandissement des lieux permettra de mieux accueillir ces derniers, mais aussi les groupes d’enfants qui fréquentent les lieux, le temps d’un atelier ou d’une semaine de camp de jour.

«On avait atteint notre pleine capacité. Il manquait de place», explique la directrice générale, Cindy Tessier-Trudeau.

Création du Petit Atelier: le quartier général de l’école d’art du Livart

Des travaux ont donc été prévus dans et aux alentours de l’ancienne sacristie. Le Livart souhaite construire une rampe d’accès qui permettra aux personnes à mobilité réduite de s’y rendre et de relier cette nouvelle partie à son bâtiment principal.

L’espace en question avait été laissé à l’abandon par son ancien propriétaire pendant une quinzaine d'années et devait être rénové, explique Mme Tessier-Trudeau. Le processus a présenté ses dilemmes d’ordre bureaucratique. 

«Au mois de janvier [2024], je n’avais pas encore de permis [de construction], mais au 30 juin, je n’aurais plus été en mesure de profiter de la subvention de 400 000$ de la Ville de Montréal. Ça a été un gros casse-tête! Mais au final, tout s’est mis en place.»

La directrice générale du Livart dehors, assise sur un balcon de béton, les pieds dans le vide.
Cindy Tessier-Trudeau devant l'ancienne sacristie, avant les travaux. – photo : Katya Konioukhova (gracieuseté)

«Le nouveau bâtiment va être le quartier général de notre école d’art», précise la directrice générale au sujet de l’endroit désormais baptisé Le Petit Atelier.

Un camp de jour en expansion fréquenté par près de 1000 jeunes chaque été

«Dans notre volet Famille, on fait des ateliers ponctuels, des sorties scolaires, des anniversaires artistiques et des camps de jour durant les vacances de Noël, la relâche et l’été», explique Mme Tessier-Trudeau.

Le Livart organise ses camps de jour depuis sept ans et accueille maintenant quelque 1000 enfants pendant l’été, soit beaucoup plus que la saison inaugurale. 

«Ça a duré deux semaines. Il y en avait huit et, tranquillement, on a grossi chaque année», se remémore la directrice générale, notant que ses propres enfants avaient alors servi de cobayes. 

Pièce du Petit Atelier vide. On voit des tables à droite et un escalier à gauche .
L'espace de l'ancienne sacristie a été réaménagé afin de mieux recevoir les enfants pendant les ateliers. – photo : Katya Konioukhova (gracieuseté)

«On n'avait pas nécessairement des espaces 100% adaptés et appropriés. Là, on a 40 casiers, on a plus de salles de bain et on a de belles salles avec de la lumière pour les ateliers, qui sont au rez-de-chaussée. Les autres sont en demi-sous-sol. Il y a de petites fenêtres. Elles sont moins adaptées.»

Lors de leur séjour, les enfants profitent de l’entièreté des lieux.

«Ils font une visite de la galerie. Le vendredi, on fait un petit vernissage avec les œuvres des enfants. Ils font des ateliers. La salle en bas devient un gymnase et ils vont aussi utiliser les espaces extérieurs», indique Mme Tessier-Trudeau. 

«Un lieu de rencontre» artistique et communautaire

Comme l’a indiqué Mme Tessier-Trudeau, les enfants ont jusqu’ici dû se rendre au sous-sol pour participer aux ateliers. 

Toujours sous terre se trouve une grande salle qui peut accueillir une variété d’événements, comme des rencontres corporatives, des mariages ou des lancements, ce qui aide à financer les activités du Livart. 

La grande salle vide sous un éclairage rouge, avec un escabeau, des poutres et un bar au fond.
La grande salle du Livart. – photo : Devin Ashton-Beaucage

Le centre d’art possède aussi une cour intérieure. L’été, elle s’ajoute à la Casa d’Italia pour devenir un lieu de projection de la programmation estivale de Cinéma Public.

Au rez-de-chaussée se trouvent une boutique, près de l’entrée, ainsi que la galerie d’art. C’est actuellement l’exposition Chasser les fantômes, des artistes en résidence Diane Marissal et Jérémie Leblanc-Barbedienne, qui y est présentée, et ce, jusqu’au 27 avril. 

«On a cinq blocs d'exposition durant l'année. Pendant l'exposition de l'été, ce sont des artistes de la boutique qui exposent. Chaque semaine, l’un d’eux viendra rencontrer les enfants», note Cindy Tessier-Trudeau au sujet des activités de son centre d’art qui s’entremêlent.

«L’objectif est de créer des liens, créer une communauté; un lieu de rencontre.»

La directrice générale du Livart pose debout devant un tableau.
La directrice générale dans la galerie du Livart, où sont exposées les œuvres de Diane Marissal et Jérémie Leblanc-Barbedienne. – photo : Devin Ashton-Beaucage

Un meilleur accueil pour les artistes en résidence

Des ateliers voués aux artistes se trouvent aux étages supérieurs, où l’équipe d’employés du Livart a aussi des espaces qui lui sont consacrés. 

Le Livart a d’ailleurs acquis les deux bâtiments qui se trouvent du côté sud de sa galerie afin de mieux accueillir ses artistes en résidence. Alors que le plus éloigné est encore occupé par des locataires que le centre d’art ne cherchera pas à chasser, l’autre serait bientôt prêt à servir de résidence temporaire.

«Il y a quatre chambres qui seront louées individuellement aux artistes et il y a des studios en bas», précise Cindy Tessier-Trudeau. 

La vocation des bâtiments devra toutefois être approuvée par la mairie d’arrondissement.

Les deux propriétés collées, sur la rue Saint-Denis.
Le Livart a acquis deux bâtiments voisins dans le but de mieux accueillir les artistes en résidence. – photo : Devin Ashton-Beaucage

Un projet d’agrandissement à approuver

Effectivement, les ambitions du Livart, qui souhaite également exploiter un café-terrasse, vont à l’encontre du Règlement d’urbanisme du Plateau-Mont-Royal à plusieurs égards. 

Cela dit, les membres du personnel administratif de l’arrondissement chargés d’étudier le dossier se sont montrés favorables à régulariser les usages non conformes du site.

Parmi les raisons données, ils ont indiqué que le «projet pérennise un lieu culturel dans un lieu inédit et ainsi met en valeur le patrimoine de l’arrondissement». 

Ils ont également précisé que le changement de vocation des immeubles adjacents ne mènera pas à la relocalisation de locataires, que les sons des événements sont inaudibles à partir des logements voisins et que l’espace café à l’extérieur sera  «convivial et accueillant» sans être dérangeant. 

Le conseil d’arrondissement, qui s’est déjà montré favorable aux demandes de dérogations,  rendra sa décision finale le 7 avril.

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