Milton-Parc fête l’ouverture de son Espace jeunesse
Dès le 9 avril, les adolescents pourront profiter d’un lieu aménagé pour eux à l’angle des avenues des Pins et du Parc.
Les temps sont difficiles pour des organismes comme TOPO, La Licorne et MAPP_MTL. Cependant, le nouveau budget provincial apporte une lueur d’espoir.
Indiquant que le «milieu culturel affronte un vent de face», le 27 février dernier, le centre d’arts numériques TOPO, situé dans le Mile End, annonçait une pause de ses activités. L’objectif étant de stabiliser la situation financière de l’organisme en coupant temporairement les versements de salaires.
Bien qu’un retour, avec une exposition de Pascale Tétrault, soit prévu le 24 avril, le directeur général, Michel Lefebvre, a offert un regard pessimiste face à l’avenir de TOPO en réponse aux questions de Mon Plateau.
«Il semble évident que nous ne parviendrons jamais à maintenir notre petite équipe de 2,5 personnes à temps partiel, après 20 ans de soutien public. Avis aux nouveaux joueurs: armez-vous de patience», a-t-il laissé tomber.
Le portrait est un peu plus lumineux sur l’avenue Papineau, du côté de La Licorne. Le directeur artistique et général, Philippe Lambert, estime que la fidélité de son public a permis à son théâtre de mieux s’en sortir que certaines autres salles de spectacle.
Il faut savoir que la pandémie de COVID-19 est venue ébranler les habitudes des spectateurs qui, règle générale, sont toujours moins nombreux à assister à des événements culturels en présentiel qu’avant le confinement.
Autre facteur pouvant affecter les habitudes du public : l’inflation. Ce dernier aspect n’a pas non plus épargné la Licorne.
«Les coûts de production —l’ensemble du matériel et les équipes, —ont augmenté depuis sept ans. Pendant la COVID, il y a eu des subventions d’urgence, mais nos subventions de base n’ont pas augmenté et elles n’ont jamais été indexées[...] Donc, on s’appauvrit un peu chaque année», explique M. Lambert.
Le Centre de création O Vertigo, situé juste au sud du Plateau-Mont-Royal, ressent des impacts similaires et son directeur général, Paul Caskey, note que son financement n’a pas évolué depuis 2017.
«Tous nos frais de fonctionnement ont augmenté», souligne-t-il toutefois, notant le départ de plusieurs techniciens vers d’autres milieux pendant le confinement.
Les moyens de son organisme, qui se voue à la recherche et la création en danse contemporaine, ont donc diminué.
«Le résultat final est que ça risque d’être des œuvres de qualité moins importantes», résume-t-il en ce qui concerne les conséquences de cet appauvrissement.
Le centre a d’ailleurs cessé de payer les cachets de ses artistes en résidence, faute de moyens, explique M. Caskey.
Il indique également que, dans son cas, le public est moins présent.
«La pandémie a beaucoup réduit le nombre de personnes qui se rendent dans les salles. Je pense que ça change tranquillement. On reprend de l’élan, mais nous ne sommes toujours pas arrivés aux nombres d’avant la pandémie.»
Le 5 février dernier, les 15 conseils régionaux de la culture du Québec signaient une lettre ouverte destinée au premier ministre, François Legault.
Ils y dénonçaient un désinvestissement du gouvernement caquiste en culture dans un contexte de pénurie de main-d'œuvre et d’inflation, où le public n’avait pas complètement repris ses habitudes de sorties.
La lettre soulignait également les difficultés à prévoir en fonction de la guerre économique entre le Canada et les États-Unis et l’effet invisibilisant du déclin des médias locaux face à la domination des géants du Web.
Le 25 mars, dans le cadre de son nouveau budget, le gouvernement du Québec annonçait une croissance de 7,5% du budget du ministère de la Culture et des Communications.
On y apprenait notamment que la part réservée aux aides financières distribuées par le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) passerait de 165 millions $ à 200 millions $.
«C’est sûr que c’est très encourageant», note Philippe Lambert. «Ça nous permet de respirer un peu.»
Paul Caskey perçoit la nouvelle de manière similaire. Il attendra de voir comment les sommes seront allouées, mais qualifie le budget de «positif».
Effectivement, jeudi, la PDG du CALQ, Véronique Fontaine, notait que la répartition des montants restait à déterminer. Elle a tout de même souligné que les conversations avec les représentants des différents milieux ainsi que les priorités de l’organisme seraient prises en considération.
Du côté de MAPP_MTL, la directrice générale, Jennifer-Ann Weir, souligne l’absurdité de la situation actuelle pour des organismes comme le sien.
Nouvellement installé au 3e étage de la Caserne 26 dans le Plateau Est, MAPP_MTL engendre la création d’œuvres de projection mapping. Celles-ci servent parfois d'exemples pour pour vanter la créativité montréalaise à l’international.
Pourtant, l’organisme peine à trouver du financement public pour pourvoir à ses besoins quotidiens dans sa ville d’origine, mis à part certains fonds provenant du Conseil des arts de Montréal (CAM). Autrement, les subventions sont surtout octroyées par projet artistique.
Mme Weir précise que MAPP_MTL s’abreuve donc surtout de ses revenus de contrats de consultation afin de pouvoir continuer d’opérer et faire vivre son festival, dont la 10e édition se tiendra en septembre dans le Mile End.
La directrice générale note d’ailleurs que l’idée de lancer une campagne de sociofinancement afin que le festival puisse avoir lieu comme prévu cet été a été étudiée. De plus, elle souligne que celui-ci ne serait simplement pas au calendrier si ce n’était de la bonne volonté d’autres entités, comme Moment Factory, qui lui prête ses projecteurs.
«Je ne suis pas soutenue au niveau public pour un festival qui est gratuit dans l’espace public», souligne-t-elle, notant que le CAM contribue tout de même à éponger une mince part des dépenses.
«C’est important de savoir qu’à Montréal, ce soutien est nécessaire. Sinon, ça effacerait une bonne partie de la facette culturelle de notre ville et de nos quartiers. Quand on regarde ce qui se passe dans l’arrondissement, il y a beaucoup d’organismes qui sont soutenus au fonctionnement par le CAM.»
Elle estime que l’annonce budgétaire de Québec est une bonne nouvelle, mais que les modes d’octroi des subventions devraient tout de même être repensés en profondeur.
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