Le Bain Saint-Michel accueillera à nouveau des artistes en 2027

Après des années tumultueuses, les travaux de réfection du Bain Saint-Michel devraient reprendre en août pour se terminer en mai 2027. L’objectif du projet est de convertir le bâtiment «en un espace dédié à la création, l'incubation et la médiation culturelle».

La façade sud du Bain Saint-Michel, avec un ciel bleu à l'arrière ainsi que les édifices plus à l'est dans le Mile End.
Plusieurs éléments du bâtiment historique seront restaurés, dont l'œil-de-bœuf faisant face à la rue Maguire. – photo : Devin Ashton-Beaucage

«Après bien des allers-retours et des incidents, on va lui redonner cette fonction-là», a indiqué la conseillère d’arrondissement du Mile End, Marie Sterlin, lors d’une séance d’information, mercredi, faisant référence aux embûches qu’a connues le projet de réfection au cours des dernières années. 

Le lieu historique ayant servi à la baignade récréative de 1910 à 1993 accueillera donc des artistes à nouveau, comme ça avait été le cas de 2006 à 2014. Les périodes d’occupation prévues de l’espace par les organismes culturels sélectionnés sont de deux ans.

Les premiers occupants avaient déjà été sélectionnés dans le contexte d’un appel de projets, lancé en 2018. Il s’agit de l’Atelier Céladon, Infinithéâtre, Les Filles électriques et du Studio 303. Ceux-ci seront responsables de la gestion des lieux. 

La Maison de la culture du Plateau-Mont-Royal aura également accès à l’endroit.

Un lieu d’incubation

Lors de la séance d’information, certains résidents du voisinage ont demandé si le Bain Saint-Michel hébergerait des événements bruyants ou tardifs.

«L’esprit de cet espace, c’est de l’incubation, de la répétition; c’est un lieu de travail pour les artistes. Et quand on parle d’avoir des spectateurs, c’est surtout pour tester», a expliqué Stéphanie Rose, du Service de la culture de Montréal.

«L’idée n’est pas de casser la baraque.»

Un système limitant l’amplitude sonore sera installé dans la salle, qui pourra accueillir un maximum de 100 personnes.

Une membre du public a demandé si des fêtes de fin de festival allaient pouvoir se faire au Bain Saint-Michel, comme ça a déjà été le cas avant 2015. 

«Ce n’est pas du tout la vocation que l’on entrevoit en ce moment. Ce sera vraiment création et diffusion. Il y aura aussi un cadre à respecter pour tout ce qui est son», a répondu la cheffe de la division Culture et bibliothèques du Plateau-Mont-Royal, Marie-Christine Lavallée. 

«Ce n’est pas un lieu qui va être occupé la nuit», a-t-elle précisé, spécifiant vouloir éviter les occupations néfastes.

Un espace adaptable conçu dans le respect du patrimoine

Dans les plans conçus par la firme d’architectes Patriarche, plusieurs éléments du bâtiment seront préservés, notamment la fenêtre en œil-de-bœuf faisant face à la rue Maguire, la céramique et la cavité du bassin où se trouvait anciennement la piscine. 

«On a fait très attention de respecter le caractère patrimonial du bâtiment», a indiqué le gestionnaire de projet de la Ville de Montréal, Ricardo Leoto. 

Une œuvre d’art et une plaque viendront également rappeler l’histoire du Bain Saint-Michel. 

Le concept de réaménagement est censé donner lieu à «un espace adaptable, simple et très flexible», devant pouvoir accueillir une variété de formes de projets artistiques.

Alors que le sous-sol servira essentiellement à accommoder les artistes œuvrant dans le bâtiment, le rez-de-chaussée pourra accueillir des performances et donc, éventuellement le public. 

Celui-ci sera invité à utiliser la sortie donnant sur la rue Maguire après avoir assisté à des événements, ce qui avait été demandé par plusieurs voisins, alors que l'entrée sur la façade de la rue Saint-Dominique sera accessible universellement. Une rampe d’accès sera construite à l'intérieur et un ascenseur se trouvera à l’intérieur du bâtiment.

Reprise des travaux

La maçonnerie et la toiture de l’édifice avaient déjà fait l’objet de travaux en 2015. Des travaux intérieurs avaient ensuite été lancés en 2020, mais ont été interrompus par une série d’imprévus dépassant la norme, a indiqué Jean Cappelli, du Service de la gestion et de la planification des immeubles.

On voit l'édifice du Bain Saint-Michel entouré de barrières et de cônes orange.
Le Bain Saint-Michel en mai 2021, lors de la dernière série de travaux. - photo: Gaëlle Engelberts

Une infiltration d’eau avait été identifiée lors de l’excavation du roc au sous-sol, et de l’amiante avait été découvert «là où il ne devait pas y en avoir», a-t-il précisé.

La Ville avait freiné le tout en juin 2022, constatant que les coûts approchaient le double du montant prévu, atteignant près de 8 millions $. Une telle augmentation aurait contrevenu à la Loi sur les cités et villes.

«La seule solution qu’on avait, c’était de résilier le contrat», a expliqué M. Cappelli. Il a toutefois précisé que des pièces d’équipement déjà achetées sont toujours sur place et que l’œil-de-bœuf de la façade sud avait été restauré à l’époque. Le site est désormais décontaminé.

La période d’appel d’offres pour la relance des travaux de réfection prendra fin en avril.

Un projet d’aménagement extérieur suivra l’achèvement des travaux intérieurs.

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