Un nouvel outil pour défendre les droits des locataires
Le Comité logement du Plateau-Mont-Royal va concevoir un générateur automatique de mises en demeure, simplifiant ainsi l'accès des locataires au Tribunal administratif du logement (TAL).
L’apparition récente de tags sur des murales et des bâtiments connus du Plateau soulève l’indignation de nombreux résidents.
Les graffitis ont marqué les esprits dans Le Plateau-Mont-Royal au cours des dernières semaines, alors que l’église Saint-Enfant-Jésus et la murale de la Bouquinerie du Plateau, où l’on peut voir le célèbre personnage Paul de Michel Rabagliati, ont été vandalisées. S’en débarrasser s’avère toutefois une tâche compliquée en hiver.
La Ville de Montréal offre un service de nettoyage sur les propriétés privées du mois d'avril jusqu'à la fin novembre. La saison froide est donc exclue.
«Il est difficile et très coûteux en équipements et produits de nettoyage de retirer des graffitis s'il fait moins de 5°C», explique Geneviève Allard, qui est chargée de communications pour l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal.
Dans certains cas, la Ville peut faire abstraction des contraintes temporelles qu'elle s'est données, comme dans le cas de messages à caractère haineux, indique Mme Allard.
«Nous nous concertons présentement afin de trouver de nouvelles solutions afin de lutter contre le vandalisme créé notamment par les graffitis», ajoute-t-elle.
Les propriétaires de bâtiments qui ne désirent pas attendre jusqu’à avril avant de voir le vandalisme disparaître de leurs murs peuvent toujours directement payer des entreprises privées, comme Montreal Prestige Wash.
Le propriétaire, Daniel Toporowski, fait toutefois écho aux propos de Mme Allard voulant que les produits soient moins efficaces lorsqu’il fait froid.
«Si le graffiti est nettoyé le jour même, c’est plus facile. Mais plus il reste longtemps, plus ça gèle et ce sera compliqué à enlever», indique-t-il.
M. Toporowski indique que le produit nettoyant qu’il achète lui coûte environ 500$ par 20L. Bien qu’il charge le même prix pour ses services à longueur d’année, il dit devoir en utiliser davantage afin d’en arriver au même résultat en hiver.
«Ça prend de l’eau chaude. Si on n’a pas accès à de l’eau, il faut qu’on en apporte nous-même sans que ça gèle dans les tuyaux», ajoute-t-il.
Cela dit, il affirme que c’est une saison morte au niveau de la demande, malgré l’absence d’offre de la Ville, et que les clients ont tendance à se décourager de débourser pour voir leurs murs libres de graffitis pour une durée limitée.
«On lave, mais deux ou trois jours plus tard, il y en a encore.»
C’est le soir du 31 décembre qu’Éric de Grave avait remarqué que la devanture de l'église Saint-Enfant-Jésus, située sur la rue Saint-Dominique, avait été vandalisée.
Celui qui se décrit comme étant le gérant de la paroisse avait alors aperçu des chiffres «6» de dimension imposante sur chacun des trois portails faisant face au parc Saint-Michel, ainsi que «Burn the churches» (Brûlez l'église) inscrit à leur gauche, sur le mur de pierre.
Le Plateau-Mont-Royal ne considère pas l'apparition du chiffre de la Bête et le message incendiaire comme étant à caractère haineux.
«Considérant la taille du graffiti sur les portes et le fait qu'il ait été peint sur du bois, il faut plus d'une journée avec des températures au-dessus de 0°C, incluant la nuit, pour intervenir», nous a-t-on indiqué à ce sujet.
De son côté, M. de Grave dit ne pas être choqué par les messages laissés sur le lieu de culte.
«Ce qui m'énerve est que ça détourne des ressources limitées d’autres projets», laisse-t-il tomber.
«C’est le problème du vandalisme. Ça gruge les institutions, parce qu’il faut toujours recommencer.»
En 2023, le maire d’arrondissement, Luc Rabouin, avait indiqué que la facture de nettoyage de graffitis de l’année précédente oscillait aux alentours de 800 000$.
«Il y a des gens qui ont mis du temps et de l’effort pour embellir le milieu de vie, puis il y en a d’autres qui arrivent et qui détruisent cette beauté-là», martèle M. de Grave.
Ayant déjà reçu plusieurs commentaires au sujet des graffitis, il n’attendra pas que la Ville vienne à la rescousse au printemps et étudie présentement les soumissions d’entreprises privées de nettoyage afin de faire enlever le tout au cours des jours à venir.
Cela dit, il note que la remise en état des portes coûtera entre 15 000$ et 20 000$ par unité. Il affirme toutefois que la santé financière de sa paroisse est encore assez bonne pour ne pas avoir à choisir de couper ailleurs dans ses dépenses.
«Dans d’autres paroisses, ils n’ont pas ce luxe. S’ils paient pour faire enlever les tags, ils ne paieront pas pour autre chose qui servira à protéger l’immeuble», souligne le gérant, notant que les caméras de surveillance et les systèmes d’éclairage représentent également des dépenses coûteuses.
M. de Grave donne en exemple son projet d’installer un tapis caoutchouté dans le presbytère pour protéger le plancher de bois. Il note que le coût de nettoyage des graffitis est à peu près équivalent à celui de l’achat de 240 pi2 de tapis, soit environ 1500$.
Il cherchera à voir s’il peut obtenir du financement auprès du Conseil du patrimoine religieux du Québec.
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